(Juillet 2001) Les enfants vivant dans les pays industrialis
s aujourd
hui habitent un monde compl
tement diff
rent de celui des g
rations pass
es. Les maladies infectieuses traditionnelles sont en grande partie sous contr
le : la variole a
radiqu
e, la polio a quasiment disparu, la rougeole est sous contr
le, la dipht
rie et le t
tanos sont rares et le chol
ra a quasiment disparu. Aux Etats-Unis, l
rance de vie d
un b
aujourd
hui est de plus vingt ans sup
rieure
celle d
un enfant n
au d
but du XXI
me si
cle.
Les enfants dans les r
gions moins affluentes du monde n
ont pas cette chance. Dans les pays moins d
velopp
s, surtout dans les moins les moins avanc
s, les maladies infectieuses, en particulier la dysenterie, la pneumonie, la malaria, la rougeole et le SIDA, restent des causes majeures de morbidit
et de mortalit
infantiles. La mortalit
infantile est forte. L
rance de vie
la naissance aux Etats-Unis est de 76,5 ans, pourtant dans les pays les moins avances, 3 personnes sur 4 meurent avant l
ge de 50 ans, selon le Rapport sur la sant
dans le monde 1998 de l
Organisation mondiale de la Sant
(OMS).
L
environnement auquel les enfants sont confront
s aujourd
hui inclut des dangers inconnus ou insoup
s il y a quelques d
cennies. Ils sont expos
s aux risques de plus de 85 000 produits chimiques synth
tiques, dont la plupart ont
mis au point depuis la seconde guerre mondiale. Aux Etats-Unis, ils ont de fortes chances d
tre expos
s aux 15 000 produits chimiques
fort volume que l
agence pour la protection de l
environnement (EPA) des Etats-Unis estime produits en quantit
s de plus de 10 000 livres par an. Ces produits chimiques se trouvent le plus souvent dans la nourriture, les produits pour la maison et les pesticides mais seulement 43 % ont fait l
objet de tests pour leur toxicit
potentielle contre les humains, selon un rapport de l
Acad
mie nationale des sciences (NAS). Et bien qu
on sache maintenant que les enfants sont particuli
rement vuln
rables aux produits chimiques dans l
environnement, seuls 7 % de ces produits chimiques HPV ont
tudi
s pour
valuer leur toxicit
potentielle pour les enfants.
L
exposition
des produits chimiques devrait devenir un probl
me de plus en plus s
rieux dans les r
gions les moins d
velopp
es car des industries dangereuses s
y installent, pour tirer parti de la mondialisation et
chapper aux lois environnementales et sur le travail plus strictes dans les pays les d
velopp
s. Le danger que ce processus pose aux communaut
s dans les pays les moins d
velopp
s inclut non seulement l
augmentation de l
exposition quotidienne, mais aussi des accidents catastrophiques dans des usines de production. L
explosion chimique
Bhopal, en Inde qui a co
plus de 2000 vies en 1984 n
est peut-
tre malheureusement que le pr
curseur de catastrophes environnementales
venir dans les pays moins d
velopp
s.
Une gamme de menaces pour les enfants
Dans les pays industrialis
s, un certain nombre de maladies chroniques, y compris l
asthme, le cancer et certains probl
mes de d
veloppement, ont remplac
les maladies infectieuses comme causes principales de maladie et de mort chez les enfants. Tandis que ce d
veloppement est d
en partie au contr
le des maladies infectieuses traditionnelles dans les pays les plus d
velopp
s, il provient aussi de la fr
quence croissante de maladies chroniques. Les toxines environnementales contribuent
un certain nombre de ces maladies chroniques, soit comme cause primaire (comme avec l
empoisonnement par le plomb) soit comme facteurs aggravants (comme avec l
asthme). Dans d
autres cas, tels que le cancer, la cause pr
cise de la propagation de la maladie reste inconnue mais des facteurs environnementaux jouent probablement un certain r
le.
Les exemples de “nouvelle morbidit
infantile” incluent les cas suivants.
Asthme
La fr
quence de l
asthme parmi les enfants de moins de 18 ans a plus que doubl
ces dix derni
res ann
es aux Etats-Unis et dans d
autres pays industrialis
s. La fr
quence accrue de l
asthme est en particulier
vidente dans des centres urbains, et est devenue la cause principale d
admission des enfants dans les h
pitaux et la cause principale de l
absent
isme
cole.
Les polluants de l
air ambiant en particulier l
ozone au niveau du sol et les fines particules d
origine automotive semblent
tre des d
clencheurs importants de l
asthme. La fr
quence de l
asthme d
cline quand les niveaux de ces polluants baissent. La pollution de l
air dans les b
timents, y compris avec les poussi
res d
insecte, les mites, les moisissures et la fum
e de tabac environnementale sont des d
clencheurs suppl
mentaires.
Des diff
rences consid
rables de l
asthme selon le statut socio
conomique et racial/ethnique ont
remarqu
es. A New York, les taux d
admission dans les h
pitaux pour l
asthme sont 21 fois plus
s dans les communaut
s les plus pauvres que dans les communaut
s les plus riches. En 1997, 8 % des enfants noirs non-hispaniques vivant dans des familles dont les revenus
taient au-dessous du seuil de pauvret
avaient de l
asthme, compar
5 % de tous les enfants
chelle du pays.
Les cancers des enfants
La fr
quence rapport
e du cancer chez les enfants de moins de 18 ans aux Etats-Unis a augment
nettement au cours des vingt derni
res ann
es. Bien que les taux de mortalit
soient en baisse, gr
de meilleurs traitements, la fr
quence de la leuc
mie aigu
lymphoblastique, la forme la plus commune de maladie maligne chez l
enfant, a augment
de 27 % de 1973
1990, passant de 2,8 cas pour 100 000
3,5 pour 100 000 enfants. Depuis 1990, la fr
quence de cette maladie a baiss
chez les gar
ons mais a continu
augmenter chez les filles. Entre 1973 et 1994, la fr
quence du cancer primaire du cerveau (gliome) a augment
de 40 %, avec des augmentations quasi-
gales chez les filles et les gar
ons. Et chez les jeunes gens blancs
s de 20 a 39 ans, mais pas chez les noirs, la fr
quence du cancer du testicule a augment
de 68 %. Les causes de ces augmentations sont inconnues mais des facteurs environnementaux pourraient jouer un r
le. Les causes connues et soup
es du cancer chez l
enfant incluent le benz
ne, la radiation, l
arsenic et les pesticides.
L
empoisonnement par le plomb
Malgr
une baisse de 94 % dans les niveaux de plomb d
tect
s dans le sang depuis 1976, caus
e principalement par l
limination du plomb dans l
essence, les Centres du contr
le et de pr
vention des maladies ont estim
en 1998 930 000 enfants d
ge pr
scolaire aux Etats-Unis avaient encore des taux de plomb
s dans le sang, 10 microgrammes par d
cilitre ou plus, et souffraient de toxicit
de plomb. Ces enfants risquent de souffrir d
une baisse d
intelligence, de troubles du comportement, d
chec scolaire, de d
linquance et de manque de r
ussite. Les taux d
empoisonnement par le plomb sont les plus
s parmi les enfants pauvres de minorit
dans les centres urbains. De nouveaux immigrants sont
haut risque, car ils tendent
vivre dans des logements de faible qualit
, ne sont pas au courant des dangers de la peinture au plomb et peuvent apporter des m
dicaments ou des produits cosm
tiques contenant du plomb de leurs pays d
origine.
Les troubles du d
veloppement
Les troubles du d
veloppement, y compris l
autisme et les troubles de l
attention sont r
pandus et affectent de 5 %
8 % des 4 millions d
enfants n
s chaque ann
e aux Etats-Unis. Les causes sont en grande partie inconnues, mais on sait que l
exposition au plomb, au mercure, aux PCB,
certains pesticides et autres neurotoxines environnementales contribue au probl
me. Un comit
experts r
uni par la NAS a conclu en juillet 2000 que 3 % de tous les troubles du d
veloppement chez les enfants am
ricains sont la cons
quence directe d
exposition aux toxines environnementales et qu
un autre quart
tait le r
sultat d
interactions entre les facteurs environnementaux et la sensibilit
de chaque enfant.
Perturbation de l
endocrine
Les agents perturbateurs de l
endocrine sont des produits chimiques dans l
environnement qui ont la capacit
interf
rer avec le syst
me de signalisation hormonale du corps. Les effets de ces produits chimiques ont
bien document
s chez des animaux de laboratoire ainsi que dans des populations sauvages vivant dans des
cosyst
mes contamin
s comme les Grands Lacs.
Quoique les donn
es concernant les effets sur la sant
humaine des agents perturbateurs de l
endocrine soient relativement rares, il semble que l
embryon, le f
tus et le jeune enfant soient les plus expos
s au risque de cons
quences adverses suivant l
exposition pr
coce
ces produits chimiques. Les syst
mes humains de reproduction et d
endocrine subissent un d
veloppement complexe durant la vie f
tale et sont donc tr
s vuln
rables aux influences toxiques
cette
tape du d
veloppement. On a
mis l
hypoth
se (mais sans la prouver) que les agents perturbateurs de l
endocrine sont au moins en partie responsables de plusieurs tendances d
concertantes dans la sant
infantile. Celles-ci incluent l
incidence du cancer des testicules, un doublement r
cemment annonc
de l
incidence des hypospadies, une malformation natale impliquant un r
cissement de l
tre chez les gar
ons, et la pubert
de plus en plus pr
coce chez les jeunes filles.
Perspective mondiale
Le premier d
veloppement international majeur dans la sant
environnementale des enfants a
une d
claration
mise
Miami en 1997 par le Groupe des Huit (G-8) qui comprend le Japon, la France, le Royaume-Uni, l
Allemagne, le Canada, l
Italie, les Etats-Unis et la Russie. La d
claration de Miami a exprim
engagement de ces pays en faveur de la sant
environnementale des enfants et a inclus des engagements sp
cifiques pour retirer le plomb de l
essence, am
liorer la qualit
de l
air et celle de l
eau potable.
La d
claration de Miami a aussi d
clench
t pour la sant
environnementale des enfants parmi les organisations internationales et la communaut
des organisations non gouvernementales (ONG). En 2000, l
OMS a
tabli un groupe de travail sur la sant
environnementale des enfants. Ce groupe a
actif, r
unissant des participants de pays industrialis
s aussi bien que moins d
velopp
s. L
OMS reconna
t que les maladies ayant pour origine des toxines environnementales deviennent de plus en plus importantes dans les pays moins d
velopp
s au fur et
mesure qu
ils s
industrialisent et augmentent leur contr
le des maladies infectieuses classiques. Dans ce contexte, une question particuli
rement importante dans les pays moins d
velopp
s est leur utilisation de pesticides tr
s toxiques, dont plusieurs sont interdits dans les pays plus d
velopp
s. Un autre probl
me-clef est l
utilisation massive de l
asbestos comme mat
riau de construction, ce dernier pouvant provoquer une forme agressive de cancer des poumons. Une troisi
me question est l
utilisation continue du plomb dans l
essence. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (UNEP), la Banque mondiale et le Fonds des Nations Unies pour l
enfance (UNICEF) sont actuellement en train de se joindre
OMS pour combattre ces probl
mes.
La communaut
internationale des ONGs est aussi en train de devenir active dans la sant
environnementale des enfants. Une nouvelle organisation parente, le R
seau international sur la sant
des enfants, l
environnement et la s
curit
(INCHES) a
form
e pour relier ces organisations de base dans divers pays. INCHES a
la premi
re Conf
rence internationale sur la sant
environnementale des Enfants qui s
est tenue
Amsterdam en ao
t 1998. Le R
seau am
ricain sur la Sant
environnementale des Enfants et l
Institut canadien de la sant
infantile accueilleront une conf
rence de suivi “La Sant
environnementale des enfants II : un forum mondial pour l
action”, du 8 au 11 septembre 2001
Washington, DC. Cet effort devrait aider
susciter plus d
t pour la sant
environnementale des enfants mais notre travail commence
peine sur ce qui promet d
tre une question critique au 21
me si
cle.
Philip J. Landrigan est p
diatre et directeur du d
partement de m
decine communautaire et pr
ventive de l
Ecole de m
decine du Mont Sinai. Il est aussi directeur du Centre pour la Sant
des Enfants et l
Environnement du Mont Sinai (www.childenvironment.org). Dr. Landrigan a dirig
le comite de la NAS qui a produit en 1993 le rapport clef Pesticides in the Diets of Infants and Children (Les pesticides dans les r
gimes alimentaires des b
s et des enfants).
La vuln
rabilit
unique des enfants aux produits toxiques dans l
environnement
Une
tude d
taill
e entreprise par la NAS des Etats-Unis (Pesticides in the Diets of Infants and Children [Les Pesticides dans les r
gimes alimentaires des b
s et des enfants], Washington, DC : National Academy Press, 1993) a
tabli que les enfants sont particuli
rement vuln
rables aux produits toxiques dans l
environnement. Cette vuln
rabilit
vient de quatre sources :
- Les enfants sont expos
s de fa
on disproportionn
e aux produits toxiques dans l
environnement. En proportion de poids, les enfants boivent plus d
eau, mangent plus de nourriture et respirent plus d
air que les adultes. Ainsi les enfants sont nettement plus expos
s aux produits toxiques dans l
eau, la nourriture et l
air. Deux facteurs suppl
mentaires qui augmentent encore l
exposition des enfants sont leurs tendances naturelles
manger
la main et leurs jeux plus pr
s du sol. - Les passages m
taboliques des enfants, en particulier durant les premiers mois apr
s la naissance, sont immatures. La capacit
des enfants
toxifier et expulser les agents polluants est diff
rente de celle des adultes. Dans de nombreux cas, les enfants sont moins capables que les adultes de g
rer des produits toxiques. - Les enfants connaissent une croissance et un d
veloppement rapides, et ces processus environnementaux sont facilement perturbes. Durant la vie de l
embryon et du f
tus ainsi que les premi
res ann
es apr
s la naissance, le cerveau d
un enfant, le syst
me endrocrine, les organes reproducteurs, le syst
me immunitaire et les organes respiratoires connaissent une croissance, un d
veloppement et une diff
rentiation rapides. Si ces processus de d
veloppement sont perturb
s par le plomb, le mercure, les solvants, les agents perturbateurs de l
endocrine et autres produits environnementaux il y a un fort risque de perturbation et cette perturbation est souvent irr
versible. - Comme les enfants ont plus d
vivre que la plupart des adultes, ils ont plus de temps pour d
velopper des maladies chroniques qui peuvent
tre provoqu
es par des expositions pr
coces. Une exposition pr
coce aux carcinog
nes, par exemple, peut mener
un risque accru de cancer durant la vie adulte.
Perspectives et incertitudes
Le plus important nouvel
ment dans la sant
environnementale des enfants est la reconnaissance formelle dans les cercles de politique de gestion nationaux et internationaux de la vuln
rabilit
des enfants. Bien que les p
diatres aient depuis longtemps compris la vuln
rabilit
des enfants, les preneurs de d
cision n
ont pas pris conscience du probl
me avant la publication en 1993 du report NAS, Pesticides dans les r
gimes alimentaires des b
s et des enfants. L
impact initial de cette publication s
est fait tout d
abord sentir principalement aux Etats-Unis o
elle a aid
faire voter la Loi sur la protection de la qualit
de l
alimentation en 1996, une nouvelle loi f
rale sur les pesticides contenant des passages pr
vus sp
cifiquement pour prot
ger la sant
de l
enfant). Plus r
cemment, la reconnaissance de la vuln
rabilit
ciale des enfants a augment
internationalement, comme le montre l
attention accrue accord
la question par l
Organisation mondiale de la Sant
et les ONG.
Malgr
les progr
s scientifiques r
alis
s, il reste de nombreuses zones d
ombre sur la mesure dans laquelle les facteurs toxiques environnementaux influencent la sant
des enfants. Dans le cas des troubles du d
veloppement, par exemple, on sait que certains produits chimiques tells que le plomb, le mercure m
thyle et les biph
nyles polychlor
s (PCB) ont des effets nocifs sur le cerveau en d
veloppement et donc augmentent le risqu
de troubles. Toutefois, on n
a pas encore saisi l
tendue du probl
me. Les pesticides ont la capacit
de contribuer
des troubles du d
veloppement neurologique, mais on commence seulement
rassembler des donn
es sur la toxicit
chronique des pesticides. Des incertitudes consid
rables existent aussi sur la contribution des produits toxiques environnementaux aux taux croissants de cancer de l
enfant.
Fausses conceptions
Les fausses conceptions les plus dangereuses dans le domaine de la sant
environnementale de l
enfant sont celles qui sous-estiment la gravit
de la menace pour le bien-
tre des enfants. Par exemple, certains analystes subventionn
s par l
industrie ont affirm
que les preuves de la vuln
rabilit
accrue des enfants aux menaces environnementales sont faibles et ont rejet
la notion de perturbation de l
endocrine. Il est vrai que les donn
es liant les agents perturbateurs de l
endocrine
la sant
humaine sont encore rares mais les preuves de la perturbation de l
endocrine parmi les esp
ces sauvages et dans les syst
mes de laboratoire sont bien
tablies. On peut s
attendre
ce que les effets sur les humains soient identifi
s. Le danger que la pollution de l
air pose pour la sant
des enfants a aussi
sous-estim
par l
industrie. Le lien entre la pollution de l
air et l
asthme chez les enfants en particulier a
remis en question malgr
les nombreuses preuves que l
ozone, les oxydes de nitrog
ne, et cinq particules port
es par l
air peuvent provoquer et exacerber l
asthme. On a aussi d
montr
que les taux d
asthme chez les enfants d
clinent quand les niveaux de polluant dans l
air sont r
duits.
L
affirmation sans fondement scientifique que les r
sultats des tests de toxicit
sur les animaux ont peu de port
e pour la sant
humaine repr
sente une autre fausse conception dans ce domaine. Cette affirmation est contredite par le fait qu
on a d
montr
que tous les carcinog
nes humains connus provoquent des cancers chez d
autres esp
ces animales. Elle est d
autre part contredite par la forte similarit
tique r
cemment d
montr
e entre les humains et d
autres esp
ces.
Besoins et opportunit
s dans l
avenir
La sant
environnementale des enfants est un domaine en rapide d
veloppement. De nouvelles opportunit
s de formation se pr
sentent; L
Ambulatory Pediatric Association a r
cemment
tabli un programme de bourse de formation nationale aux Etats-Unis en p
diatrie environnementale. L
American Academy of Pediatrics augmente ses efforts pour former des p
diatres et les aider
mieux reconna
tre les maladies d
origine toxique, et en 1999 l
Academy a publi
un Handbook of Pediatric Environmental Health (Manuel de sant
environnementale p
diatrique). Les efforts internationaux d
velopp
s sous l
gide de l
Organisation mondiale de la Sant
neront probablement au vote de lois prot
geant les enfants dans divers pays.
Une nouvelle approche de l
valuation des risques qui reconnaisse les vuln
rabilit
s uniques des enfants est particuli
rement n
cessaire. Cette nouvelle approche devrait inclure
- des donn
es sp
cifiques pour les enfants sur les mod
les d
exposition - des donnes
miologiques et toxicologiques sur la sensibilit
des b
s et des enfants - des donnes biologiques qui d
crivent les m
canismes uniques de toxicit
des produits chimiques environnementaux pour les b
s et les enfants - des lois de protection par d
faut qui se mettent en place automatiquement quand des donn
es concernant l
exposition ou les risques pour les enfants manquent.
Plus de tests de toxicit
et de nouvelles approches pour ces tests sont aussi n
cessaires. Les tests actuels impliquent en g
ral l
administration d
un produit chimique
des animaux adolescents que l
on observe uniquement sur une p
riode limit
e. Le rapport NAS de 1993, a demand
des tests de toxicit
chelle de toue une vie selon lesquels des produits chimiques seraient administr
s dans l
rus ou peu apr
s la naissance et o
les animaux seraient suivis durant toue leur vie. Cette approche permettrait l
examen des effets retard
une exposition pr
coce. Une gamme de tests plus large portant sur les fonctions du corps devrait aussi
tre incorpor
e dans ces tests de toxicit
.
Une
tude longitudinale nationale aux Etats-Unis envisag
e offre une splendide occasion de progresser dans le domaine. Cette
tude envisag
e impliquerait environ 100 000 enfants et aurait pour but d
examiner les cons
quences d
une exposition pr
coce aux toxines de l
environnement. Les enfants seraient inscrits dans cette
tude aussi t
t que possible durant la grossesse de leur m
re gr
des entretiens conduits avec leurs parents durant des visites pr
natales. Des
chantillons biologiques seraient obtenus de la m
re de chaque enfant pour
valuer les niveaux de produits chimiques environnementaux dans le corps de la m
re durant la grossesse, y compris le plomb, le mercure et les pesticides (plusieurs de ces produits chimiques toxiques peuvent traverser la placenta de la m
re au f
tus et affecter le d
veloppement). La m
re et le p
re de chaque enfant remplirait un questionnaire tr
s complet sur les expositions possibles aux produits toxiques ainsi que sur leur style de vie, les facteurs socio
conomiques, de conduite et de sant
qui pourraient influencer le d
veloppement. Chaque enfant sera
valu
a la naissance et des
chantillons biologiques seront obtenus pour
valuer les expositions aux produits chimiques environnementaux. Les enfants seront
valu
intervalles r
guliers pendant toute l
enfance et l
adolescence avec des examens m
dicaux annuels ou bisannuels. Des fonds pour une
tude pr
liminaire ont
s par le Congr
s am
ricain, et la planification est coordonn
e par l
Institut national de la sant
de l
enfant et du d
veloppement humain. Des donn
es de cette
tude devraient fournir des perspectives exceptionnelles sur les causes environnementales des maladies infantiles. Les r
sultats initiaux seront disponibles en 2004-2005.
Pour plus d
infos
Des informations de plus en plus riches sur la sant
environnementale de l
enfant sont accessibles par Internet et sous forme de publication :
Children’s Environmental Health Network : www.cehn.org
Children’s Health Environmental Coalition : www.checnet.org
Center for Children’s Health and the Environment (Mount Sinai School of Medicine) : www.childenvironment.org
Office of Children’s Health Protection, U.S. Environmental Protection Agency : www.epa.gov/children
Handbook of pediatric environmental health, Washington, DC : American Academy of Pediatrics, 1999.
Environmental health Perspectives, un journal publie chaque mois par U.S. National Institute of Environmental Health Sciences, publie de nombreux articles sur la sant
environnementale des enfants et sort un suppl
ment sp
cial sur la sant
environnementale des enfants chaque juin.
U.S. National Academy of Sciences, Pesticides in the diets of infants and children, Washington, DC : National Academy Press, 1993.
Neurotoxicology 21, no. 6, d
cembre 2000. Tout ce num
ro de Neurotoxicology est consacr
la sant
de l
enfant et l
environnement.